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Preuves qu’un 4×4 est plus écologique qu’une voiture « plate » en tenant compte de l’énergie grise

Par sa durée de vie (24 ans au lieu de 12*), un 4×4 est plus écologique qu’une voiture « plate » en tenant compte de l’énergie « grise » (celle nécessaire à sa fabrication, distribution et recyclage).
Voir à droite du croquis l’article d’Argusauto.com du 18 janvier 2007 chiffrant cela, ainsi que celui du 14 novembre 2013 intitulé « La voiture gourmande en matières premières ».

Bien que le bon sens devrait suffire à comprendre cela, les vertus « marronnières »** des campagnes anti-4×4 sont telles qu’il arrive d’observer de l’incrédulité, ou pire : un air « entendu » quand un spécialiste du 4×4 argumente sans « caution officielle » l’avantage écologique du 4×4 (surtout d’occasion) par rapport à une voiture « plate », même en prenant soin d’intégrer l’énergie grise.
Par bonheur, le 7 décembre 2005, j’assistais chez Paribas à la conférence « Automobile, environnement et développement durable » organisée par l’Observatoire du véhicule d’entreprise (www.observatoire-vehicule-entreprise.com).
Monsieur Tobaille, responsable environnement chez Michelin, y a présenté le résultat de son analyse du cycle de vie du pneu tourisme :

« Une enquête de la société américaine CNW, effectuée sur 311 modèles, met le monde de l’automobile en émoi (N.D.L.R. : surtout les constructeurs de soi-disant voitures écologiques), car elle montre que certaines voitures économiques à l’usage mais techniquement sophistiquées (N.D.L.R. : nécessitant beaucoup d’énergie grise) s’avèrent médiocres en coût environnemental global. Ainsi, le coût énergétique de la Prius se situe à 3,4 $/mile parcouru pendant toute sa vie (moyenne des 311 modèles étudiés : 2,28 $/mile), alors que celui du Hummer H3, honni par tous les écolos, est de 2,07. Le record catégorie 4×4 est la Jeep Wrangler à 0,60 $/mile grâce à sa conception simple, produite en grandes quantités sans restylages fréquents, maintenance facile et conçue pour durer. »

« Part des différentes étapes du cycle de vie dans l’impact total du pneu sur la santé et l’environnement » :
Production des matières premières et fabrication du pneu : 11,7 % (dont 50 % de caoutchouc naturel).
Distribution : 1 %.
Utilisation : 86 %.
Collecte du pneu usagé : 1 %.
Traitement en fin de vie : 2 % (valorisation matière énergétique et mise en décharge).

Point n’est besoin d’être ingénieur pour comprendre qu’une voiture nécessite beaucoup plus de main-d’œuvre et de matière (de 5 000 à 10 000 pièces, dont aucune « naturelle ») dans son cycle de vie comparativement à un pneu (maximum 10 matériaux différents dont environ 40 % de son poids avec de la sève d’hévéa).
Donc, par rapport au pneu, du fait de cette énorme différence de pièces ou matières (sans compter les peintures et liquides divers), leur fabrication et assemblage induisent des consommations et des pollutions d’autant plus importantes que les contraintes environnementales de la majorité des pays producteurs sont quasi nulles (ce qui, additionné aux conditions de travail et salaires indignes, explique leur coût « délocalisateur »).

Et la commercialisation ?
Le plus visible : les constructions, transferts et mises aux normes de grandes « cathédrales » imposées par les dictatures commerciales des constructeurs, à comparer avec les modestes hangars, souvent préfabriqués, des « Comptoir du pneu », « Euromaster », « Point S » et autres centres auto.
Là encore, même un étranger aux métiers du bâtiment doit facilement se faire sa petite idée…

Reste le transport de tout cela.
Qui n’a pas pesté dans une montée derrière un routier chargé de 4 à 8 véhicules ?
En prenant une moyenne de 5 kg le pneu, le même attelage de 16 t de charge utile pourra en transporter sur le même trajet 3 200 !
N’oublions pas que cette partie routière fait souvent suite à des dizaines de milliers de kilomètres en bateau (Afrique, Amérique, Chine, Corée, Inde, Japon, ex-URSS, etc.), avec la même proportion unité transportée/charge utile et volume nécessaire.
À ce stade de l’écobilan comparatif pneu/véhicule neuf, détailler la collecte et le recyclage ne ferait que souligner l’avantage écrasant du pneu.

Conclusion de cette comparaison :
Si, lors de sa fabrication, Michelin retient 11,7 % dans l’écobilan d’un pneu dont 50 % du poids provient de la sève de l’hévéa (c’est-à-dire un bilan neutre comme tout végétal), nous pouvons, à la lumière de ce qui précède, déduire que l’énergie « grise » (construction, distribution, collecte, recyclage) d’un véhicule a plus d’impact sur la santé et l’environnement que son utilisation.
Quand on ajoute le fait que l’on use 2,5 voitures « plates » le temps d’user un 4×4, il semble que nous ne devons pas avoir tout à fait tort en « arborant » l’écobilan du 4×4 !
Surtout si l’on intègre celui de son propriétaire, majoritairement plus sensible aux offres d’une ruralité locale plutôt qu’aux bronzettes idiotes aux antipodes…

Le remplacement systématique des véhicules anciens par des neufs moins polluants (à l’usage mais pas lors de leur fabrication, distribution ou recyclage !) avantagera les groupes financiers et non la planète !
Ce qui fait écrire à Claude Imbert dans Le Point du 30.12.06 : « Cela dévalue la France qui crée, au profit de celle qui perçoit. »
Plus de 50 % des voitures françaises et 80 % (20 % en 1960) de leurs composants sont étrangers.
Par contre, faire durer créera des emplois de proximité, d’autant plus que seront imposés progressivement à toutes motorisations anciennes des kits antipollution économiquement réalistes.

Plaignons nos amis « moutons » qui reprennent docilement le credo actuel des médias, au risque de passer pour idiots (au mieux, car c’est leur affaire) ou de se priver des avantages du 4×4 (ce qui serait pire, car cela nous concerne tous).
Appel en passant du « chômeur/titilleur » de service :
« En faisant durer votre 4×4 d’occasion chez le garagiste du coin, il pourra m’embaucher, et en plus vous échapperez aux remords qui vous tortureront quand vous apprendrez que, si vous avez pu acheter du neuf à bas prix, c’est parce que quelque part nos frères subissent ce dont le dixième vous ferait plastiquer le MEDEF, et avec l’aide des prud’hommes et de l’inspection du travail envoyer les patrons au bagne pour des siècles ! »

Carl Edouin
Compléments d’infos sur nos actions écologiques : www.4x4edouin.com

* Source : S.D.P.O 0323825859, Crazy-Land 0323822417, Modul auto 0475674444.
** Dans le jargon des médias, un « marronnier » est un sujet enfourché quand l’actualité est morne (souvent avec les « encouragements » des puissances politiques ou financières pour détourner l’opinion publique des sujets qui fâchent). Ex. : Le Point du 6 juillet 2006, p. 75 : « 20 millions de téléspectateurs suivant les zigzags de Zizou sont autant de citoyens qui n’ont pas à l’esprit Clearstream, Guy Drut, le Clemenceau, EADS… »

Gageons que le « marronnier » 4×4 cessera en 2007 avec les nouveautés Renault/Samsung et Citroën C7/Peugeot 4007 issus du Mitsubishi Outlander.
En effet, comme le déclarait dans Action 4×4 de mai 2005 Monsieur Jacques Bousquet, directeur de Chrysler-Jeep France :
« Le jour où un constructeur français arrivera sur le marché du 4×4, je suis sûr qu’on sera moins embêté avec les campagnes de dénigrement ! »

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